Balade à Lyon : la justice d’autrefois

Balade à Lyon : la justice d’autrefois

Dimanche 8 juillet 2018

Une ancienne avocate judiciaire vous racontera comment était rendue la justice à Lyon à travers les siècles et les événements historiques qui ont marqué la ville .

De l’occupation romaine à la veille de la révolution française, vous découvrirez  ou redécouvrirez plusieurs affaires, célèbres ou non : le procès des martyres de Lyon , l’assassinat du fils de François 1er, l’exécution du marquis de Cinq-Mars, le procès d’un infanticide et le procès d’un larron du moyen age .

Vous mettrez vos pas dans les pas de ces délinquants ou criminels et de leurs juges, sur les lieux de justice , les scènes de crime ou d’exécution.

Vous ferez un voyage à remonter le temps qui vous fera voir la ville autrement.

C’est une balade inédite et facile d’accès, de deux heures environ, depuis la place des terreaux jusqu’au palais de justice du 5° arrondissement.

Informations  pratiques :

Lieu de rendez-vous : à 10h30 : place des terreaux, devant la fontaine.

Matin : Visite guidée par une ancienne avocate judiciaire.

Midi: repas au restaurant dans le vieux Lyon.

Participation : 50 € . Ce tarif comprend la visite commentée et le repas au restaurant avec vin et café .

 Réservation conseillée avant le :   1er juillet.

Pour vous inscrire, cliquez ici !

Un peu d’histoire …

Zoom sur le lyonnais Edmond Locard, un des pères de la police scientifique et de la criminalistique moderne .

Edmond Locard (1877-1966), médecin légiste et élève du professeur Alexandre Lacassagne, fonde en 1910, dans les combles du Palais de justice de Lyon, le premier laboratoire de police scientifique.
Durant plus de quarante années, il y emploie et développe un ensemble de techniques novatrices pour résoudre de grandes affaires criminelles.

Les premiers Experts sont lyonnais !

En effet, dès la première moitié du XXème siècle, Edmond Locard a dessiné les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui la police scientifique et technique.

Edmond Locard a eu  la conviction qu’il fallait regrouper en un même lieu tous les services techniques pouvant être utiles dans une enquête policière. Son objectif était de découvrir les criminels dés le crime commis en les identifiant par leurs traces. Il fit alors une demande auprès de la Sureté lyonnaise pour créer un service spécialisé de recherche. La requête aboutit à la création du laboratoire de police technique de Lyon le 24 janvier 1910.

« C’était en plein combles du Palais de Justice de Lyon, quelques pièces d’où il fallut chasser les araignées.On y accédait après cinq étages, par un escalier qui ressemblait à une échelle…Mon personnel, au début, était des plus discrets : il se composait d’un garde-champêtre et d’un gardien de la paix. «  Mémoires d’un criminologiste, 1958.

Edmond Locard fut précurseur d’une nouvelle technique scientifique à vocation judiciaire : la dactyloscopie, c’est-à-dire l’identification des individus par leurs empreintes digitales. Dans plusieurs ouvrages remarqués, il traite du sujet. Parallèlement, il entreprend nombre de visites dans les laboratoires du monde entier. Et il fonde à Lyon, dès 1910, ce service d’identification, premier laboratoire de police scientifique du monde, modestement installé…La balistique, la toxicologie, la graphologie, et bien sûr la dactyloscopie, sont au programme.

Locard a dirigé ce laboratoire jusqu’en 1951, ayant réuni pas moins de 55 000 fiches de délinquants. Parallèlement, il a créé un Musée de la criminologie, enseigné à la faculté de droit, fut un conférencier brillant et recherché, expert près les tribunaux, parlant très bien quatre langues étrangères et en lisant onze autres. Ses écrits techniques sont nombreux et réputés, tout comme les livres qu’il a publié régulièrement, tel « Policiers de romans et policiers de laboratoire », succès de librairie en 1923. Sans oublier un ouvrage qui a fait quelque bruit en 1918 : « La Police. Ce qu’elle est. Ce qu’elle devrait être ».

Éclectique, Edmond Locard était aussi historien, traitant en spécialiste des grandes affaires judiciaires de l’Histoire ; journaliste ; critique musical, président de l’association des Amis de Guignol. Gastronome, il a créé l’Académie du Merle-Blanc, une assemblée de bons vivants.

A la retraite, il a installé à Lyon, rue Mercière, un cabinet d’expertise où, en moins de dix ans, il aura traité plus de 10 000 affaires. Point d’orgue : il est décédé en mai 1966, quelques mois avant que ne paraisse son dernier livre : « Les Mystères de Lyon ».

Ecoutez sa passionnante histoire : France Culture, La Fabrique de l’ histoire :